Quand ils sentent un intrus, les loups de tête sont sur leurs gardes

30.06.2026 | de Fonds national suisse

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30.06.2026, Bern - Les loups utilisent leur urine pour communiquer entre eux. Une étude soutenue par le FNS a étudié comment les meutes réagissent aux marquages des intrus. Elle constitue une première étape pour comprendre ce qui attire et dissuade les loups.


Les loups utilisent leur sens de l'odorat, infiniment plus développé que le nôtre, pour chasser ou éviter les ennemis. Mais il est également très utile pour communiquer avec leurs congénères. Les marquages urinaires qu'ils laissent le long de leur territoire contiennent des messages sur leur identité, leur statut social et leur état reproductif. Ce type de communication est fondamentalement important dans la famille des chiens. Cependant, il est encore peu étudié scientifiquement.

Une étude cofinancée par le FNS a examiné comment les meutes vivant dans les parcs animaliers réagissent au signal olfactif d'un intrus. Giada Studer, Klaus Zuberbühler et Gwendolyn Wirobski du Laboratoire de cognition comparée de l'Université de Neuchâtel ont pu montrer que les chefs de meute avec des jeunes réagissaient plus fortement aux intrus. Une meilleure compréhension de la communication urinaire pourrait à long terme permettre de développer des barrières olfactives contre le loup.

Treize loups, cinq meutes, quatre parcs animaliers

Entre avril et juin 2024, des chercheurs ont confronté cinq meutes dans quatre parcs animaliers suisses à des odeurs placées à l'extérieur de leur enclos.

Pour ce faire, ils ont utilisé des stations olfactives faites de plaques d'aluminium fixées à 30 cm du sol pour simuler la hauteur naturelle d'un marquage olfactif. Sur les plaques, ils ont simulé la présence d'un congénère qui n'appartient pas à la meute avec trois millilitres d'urine de loup. Pour distinguer la réaction à un intrus d'une réaction générale à quelque chose de nouveau, les chercheurs ont également utilisé de l'urine humaine.

Les treize loups, dont six chefs de meute et sept subordonnés, ont été continuellement observés avec des caméras et leurs réactions ont été analysées.

Les chefs de meute réagissent plus fortement aux nouvelles odeurs

Le résultat est clair : comparés aux animaux subordonnés ou jeunes, les louves et loups avec leurs propres jeunes s'intéressent plus souvent aux marquages étrangers. "Ces animaux ont plus à perdre", explique Gwendolyn Wirobski, spécialisée dans le comportement animal et la cognition sociale des chiens et des loups, qui a supervisé l'étude. "Ils ont leur territoire, leurs petits et un partenaire. Il est donc logique qu'ils soient plus attentifs à ces informations sociales", ajoute-t-elle.

Les animaux s'approchent, reniflent et laissent leurs propres marquages urinaires ou excréments. Ceci peut être décrit comme un comportement exploratoire. L'analyse montre que ce comportement était treize fois plus fréquent avec l'urine de loup qu'avec l'urine humaine. Au total, les chefs de meute ont visité les stations olfactives deux fois plus souvent que les membres subordonnés de la meute - indépendamment de l'urine utilisée.

En comparaison, il n'a pas été possible d'observer de différences significatives dans le comportement des animaux subordonnés entre les deux types d'urine. La plupart ont juste reniflé brièvement les stations olfactives.

Communication sociale complexe

Un cas particulier illustre de manière impressionnante l'influence du statut social. Lors d'une expérience pilote en décembre 2023, une jeune femelle subordonnée n'a montré aucune réaction à l'urine de ses congénères. Après être devenue chef de meute dans un autre groupe en février 2024, elle a montré des réactions beaucoup plus marquées - un résultat confirmé lors d'un test de suivi six mois plus tard.

"Les animaux ne réagissent pas mécaniquement à un stimulus. Une marque olfactive est une information sociale. Le message qu'elle contient est interprété de manière flexible selon son propre statut", analyse Gwendolyn Wirobski.

C'est une observation extrêmement importante pour la suite des travaux. En effet, l'une des limitations de l'étude réside dans la nature de l'urine utilisée. "Nous avons utilisé de l'urine de loup des États-Unis, dont nous ne savons pas d'où elle provient. Nous savons seulement que les animaux ont réagi, mais pas quels messages nous avons envoyés", admet Gwendolyn Wirobski. La prochaine étape sera donc de répéter les essais avec des échantillons préalablement analysés provenant d'animaux connus.

Décrypter l'urine pour l'utiliser comme barrière

Pour ce faire, les chercheurs collaborent désormais avec un biochimiste. Ils souhaitent déterminer les profils olfactifs en fonction du sexe, de l'âge et du statut social des animaux et tester ensuite l'effet de ces "odeurs" sur le comportement des loups dans les parcs animaliers et enfin dans la nature. "Testostérone, œstrogène, cortisol : tout cela et bien plus encore jouent vraisemblablement un rôle dans le message véhiculé. Notre tâche est d'élucider ce puzzle", dit la chercheuse.

L'idée de protéger les troupeaux avec des barrières olfactives ("biofences") n'est pas nouvelle et a déjà été testée sur d'autres espèces animales telles que les chiens sauvages ou les coyotes. Cependant, elle n'a jamais été étudiée en profondeur. "Pour savoir quel type d'odeur convient, à quelle concentration, à quelle distance ou à quelle fréquence il faut la renouveler, nous devons d'abord comprendre ce qui se passe au niveau cognitif chez le loup lorsqu'une odeur lui parvient. C'est seulement ainsi qu'il est possible d'envoyer des messages contrôlés et de les rendre, par exemple, dissuasifs", souligne Gwendolyn Wirobski. Mais elle croit qu'il faudra encore des années de recherche avant que la science ne puisse fournir un ensemble d'outils fiables pour une application sur le terrain.

Contact Presse :
Giada Studer et Gwendolyn Wirobski
Laboratoire de cognition comparée, Université de Neuchâtel
Tel: Sur demande au +41 31 308 23 87
E-mail: giada.studer@outlook.com et gwendolyn.wirobski@unine.ch

Note de l'éditeur : Les droits d'image appartiennent à l'éditeur respectif. Droits d'image: Schweizerischer Nationalfonds


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Source : Fonds national suisse, communiqué de presse

Article original en allemand publié sur : Wenn sie einen Eindringling wittern, sind Leitwölfe auf der Hut


Traduction automatique depuis l’allemand avec l’aide de l’intelligence artificielle. Contenu relu pour le lectorat francophone. Seul le texte original du communiqué de presse fait foi.